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Pour manger mieux, manger moins ?

Prévention & actions sociales | Publié le 07 mai 2024

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Très à la mode sur les réseaux sociaux, le jeûne intermittent, aussi appelé “fasting” en anglais, consiste à ne plus s’alimenter durant 12 à 16 heures d’affilée. Est-ce réellement bon pour l’organisme ? Quels bénéfices en attendre ?



Le jeûne intermittent a pour objectif de purifier le corps des excès et toxines accumulés, ainsi que de perdre des kilogrammes. Le principe de ce jeûne est de se priver de nourriture pendant une période pouvant aller de 12 à 16 heures au maximum, ce qui revient donc à sauter un repas.

 

 Quels sont les bienfaits sur le corps ? 

Les études restent mitigées quant aux effets positifs du jeûne intermittent. Celles en faveur de ce jeûne évoquent de nombreux bienfaits : un confort digestif retrouvé, une réduction de la masse grasse, un meilleur contrôle de la faim, une amélioration des performances physiques et psychiques et une baisse de sécrétion d’insuline (l’insuline sert à réguler le taux de glucose dans le corps) entraînant ainsi une amélioration de la glycémie (teneur en sucre/glucose dans le sang).

 

 Le jeûne intermittent comporte également des risques 

« Lors de ce jeûne, le corps utilise le glucose circulant dans le sang ou dans le foie pour continuer à bien fonctionner, indique Raphaël Gruman, nutritionniste. S’il se prolonge au-delà de trois jours, il en vient à piocher dans les réserves de lipides et de protéines, principalement les muscles. »

Sauter des repas peut entraîner des troubles du comportement alimentaire (TCA) comme l’anorexie, notamment pour les plus jeunes, ou encore comme la confusion par l’organisme entre la faim et la soif, puisqu’on compense la sensation de faim en buvant.

« Les associations ont constaté des liens entre le jeûne intermittent et les comportements liés aux troubles alimentaires qui sont particulièrement importants, étant donné l'augmentation significative de TCA chez les adolescents et les jeunes adultes depuis le début de la pandémie de Covid-19 », a indiqué Jason M. Nagata, co-auteur d’une étude publiée dans la revue Eating Behaviors (en français “Compor­tements alimentaires”).

Ce désir de perte de poids commence par le jeûne intermittent, et entraîne par la suite des comportements compensatoires (vomissement, pratique excessive du sport, absorption conséquente de nourriture).

 

 Mener un jeûne sain 

La nourriture solide d’un repas étant supprimé, il est très important d’avoir, en compensation, une excellente hydratation (1,5 à 2 litres de liquide sont conseillés) : cela permet d’éviter la fatigue ou les maux de tête qui peuvent être engendrés par le jeûne. Les nutritionnistes conseillent en général une période de jeûne ne dépassant pas une semaine si le but est de perdre du poids ; si l’objectif est simplement d’éliminer les toxines et de restaurer un bien-être digestif, un ou deux jours suffisent. Il est primordial de respecter son métabolisme, et de mener son jeûne intermittent en suivant les conseils d’un ou d’une professionnelle pour limiter les risques.

 

 Le jeûne, c’est pas nouveau 

Le jeûne est une pratique ancestrale, remontant à l’Antiquité : il en est fait mention dans une épopée sanskrite, le Mahâbhârata. Il était pratiqué pour des raisons médicales, mais également philosophiques. Il fut relié à des rituels religieux en Grèce antique, à Rome, puis repris dans les religions monothéistes comme la chrétienté, le judaïsme et l’islam.

 

Trois repas par jour, une idée des patrons ? 

Selon une étude américaine de 2015, manger trois fois par jour n’aurait aucun effet bénéfique. Alors pourquoi avons-nous conservé cette pratique, et de quand date-t-elle ? Dans un premier temps, cette pratique vient des agriculteurs : les repas réguliers étaient un moyen de garder des forces face à un travail difficile et fatigant. Puis, au XIXe siècle, les industriels ont contraint les ouvriers à manger ensemble et à heures fixes, en encadrant les repas. L’apparition de l’électricité a, quant à elle, permis de repousser l’heure du dîner jusqu’après la nuit tombée.

 

 

 Un étudiant sur 5 pratique le jeûne imposé 

Depuis plusieurs années, la Fage (Fédération des associations générales étudiantes, syndicat étudiant) alerte sur la détérioration des conditions de vie des étudiants : en effet, 19 % des étudiants ne mangeraient pas à leur faim et sauteraient un repas par jour. Si les deux autres repas étaient équilibrés, ce constat serait moins inquiétant. Mais avec le coût de la vie qui ne cesse d’augmenter, près de 50 % des étudiants n’ont pas les moyens d’acheter des fruits et légumes frais et n’ont pas accès à une alimentation saine. En 2023, c’est même près d’un étudiant sur deux (46 %) qui a déjà sauté un repas à cause de l’inflation.

 

 

Source : Bonne Santé Mutualité


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